
Le SAMU-SAS 974 évoque son utilisation du lien 15-15, permettant l’entr’aide avec un autre SAMU partenaire, également équipé EXOS. Un réel échange évolué de communication et du DRM qui lui est rattaché : fonctionnel, collaboratif et sécurisé.
Le docteur Frédéric NATIVEL, chef de service du SAMU-SAS 974 et Geneviève COURTOIS, attachée d’administration en charge de la salle de régulation, témoignent de l’utilisation du lien 15-15 dans leur activité du quotidien comme en situation de crise.
En préambule, pourriez-vous nous rappeler les spécificités du Samu de la Réunion, du fait de sa localisation dans cette partie du globe ?
Dr Frédéric Nativel : « Le Samu de La Réunion est un Samu très particulier ! C’est un Samu départemental comme tous les autres, un Samu régional, un Samu zonal et un Samu maritime. C’est le seul Samu en France à cumuler toutes ces casquettes. Notre isolement insulaire, à 8.000 kilomètres de l’hexagone, nous oblige à être totalement résilients, notamment lorsque nous sommes soumis à des conditions météorologiques extrêmes. Nous avons besoin de rester efficaces et surtout de sécuriser notre exercice. »
Ce lien 15-15 nous permet de répondre à nos obligations de Samu zonal. ».
En février 2019, le SAMU de la Réunion rejoint la communauté des SAMU Exos avec une Version 4 d’eRS, et passe sur la Version 6 en juillet 2021. C’est à partir de juillet 2023 que vous utilisez le lien 15/15, une fonctionnalité déployée pour la première fois en décembre 2022 entre deux SAMU picards.
Pouvez-vous nous expliquer quels étaient vos besoins de l’époque et en quoi le lien 15/15 correspond à vos attentes : au quotidien, comme en situation de crise ?
Geneviève Courtois : « Nous avions dans le cadre de l’aide à la régulation de Mayotte, alors en difficulté, besoin de pouvoir échanger de façon sécurisée, des appels et des dossiers initialement pris en charge par les collègues Mahorais. Nos deux SAMU ayant le même logiciel de régulation médical, nous avons eu cette opportunité grâce au lien 15-15 développé par EXOS »
Docteur Frédéric Nativel : « Ce lien 15-15 nous permet de répondre à nos obligations de Samu zonal et de venir en renfort du Samu de proximité qu’est celui de Mayotte. Ce qui, en 2023, ne devait être qu’une solution pour quelques semaines, aura finalement perduré, au rythme des crises successives, presque deux ans, pour se terminer fin septembre 2025. Jusqu’à la crise prochaine… »

La gestion des appels en provenance de Mayotte est plus aisée et plus confortable pour les ARM. ».
Quels avantages, votre structure de SAMU-SAS, tire d’un tel outil aujourd’hui ?
Du côté des principaux utilisateurs quels sont les retours ?
Geneviève Courtois : « Au quotidien, comme en situation de crise, la gestion des appels en provenance de Mayotte, est plus aisée et plus confortable pour les ARM, grâce notamment aux salles d’accueil et d’attente dédiées. Un système de sur-numérotation (Code DTMF) permet aux ARM Mahorais, lors du transfert-accompagné de leurs appels, d’indiquer à leurs collègues Réunionnais (par une iconographie particulière), qu’il s’agit d’un appel avec traduction, ou bien d’un appel pour Urgence Vitale (P0). Nos ARM peuvent depuis la téléphonie, consulter et filtrer les informations contenues dans le DRM, avant décrocher. Comme les appels ont été au préalable qualifiés, priorisés, orientés et déposés par les collègues Mahorais dans des salles d’attente, cela représente une source de stress professionnel en moins ! De plus, aucune ressaisie de dossier n’est nécessaire côté Réunion. ».
« Les ARM Mahorais peuvent soit déposer un appel dans une salle d’attente dédiée, soit lorsque l’appelant ne s’exprime pas en français, rester en conférence pour traduire, l’ARM de La Réunion traite le DRM reçu de Mayotte et le communique au Médecin Régulateur de La Réunion, qui peut alors y saisir : observations et décisions médicales tout en visualisant directement la base des ressources de Mayotte, et n’a plus qu’à renvoyer le DRM vers le SAMU de Mayotte, pour action. ».

En avril 2025, le SAMU-SAS 974, basculait sur la dernière V7 d’eRS, avec ses nouvelles fonctionnalités de téléphonie avancée, quels sont vos retours ?
Dr Frédéric Nativel : « Le passage sur la téléphonie de la V7, représente pour les médecins régulateurs un véritable avantage visuel et opérationnel, parce que beaucoup plus fonctionnel ! C’est un vrai confort au quotidien. Les médecins régulateurs que nous sommes étant très loin d’avoir la maîtrise complète du logiciel que peuvent développer les ARM. Nous avons avec ce nouvel outil, une meilleure supervision de l’ensemble de l’activité de la salle ».
« Les mises en conférence sont plus optimales avec la possibilité de faire intervenir davantage d’intervenants : c’est un véritable avantage au quotidien ! Jusqu’à présent, nous étions contraints à 3 interlocuteurs maximum par conférence. A présent, nous pouvons être à 4 ! C’est le cas par exemple : d’un appel pour un habitant en milieu isolé, que l’on peut désormais traiter conjointement avec les militaires du PGHM et nos partenaires pompiers. Il nous est arrivé de monter jusqu’à 5, en incluant le neurochirurgien dans le cas d’un traumatisme crânien grave, afin d’organiser son évacuation d’emblée vers l’hôpital Sud, qui se trouve à l’opposé de l’endroit où l’on travaille ».
Geneviève Courtois : « En téléphonie, la possibilité de disposer de davantage de salles d’accueil et de salles d’attente, offre une meilleure supervision de l’activité du CRRA. La fonction de métronome, activée en cas d’ACR, est très appréciée des ARM, qui l’utilisent beaucoup. Cet outil, leur permet de rester concentré, de ne pas s’éparpiller, et de continuer le guidage et la réassurance de l’appelant, tout en faisant respecter le rythme des compressions thoraciques, grâce à l’audio délivré ».
« La fonction de visio, est également très appréciée des médecins libéraux qui régulent en salle ou en régulation délocalisée (depuis les locaux de l’hôpital Sud) et qui l’utilisent beaucoup pour la régulation des appels concernant des enfants ».
Aucune ressaisie de dossier n’est nécessaire ! ».
Pouvez-vous nous dire comment s’est passé cette bascule ?
Dr Frédéric Nativel : « J’ai vécu cette bascule comme toutes celles que nous avons pu avoir auparavant, très bien ! Comme je sais que beaucoup de personnes sont mobilisées pour la réussite de cette opération, je suis confiant ! Cela est transparent pour moi, à chaque fois cela fonctionne bien. ».

























